{"id":20338,"date":"2024-11-04T14:45:32","date_gmt":"2024-11-04T13:45:32","guid":{"rendered":"https:\/\/www.soralia.be\/accueil\/?p=20338"},"modified":"2024-11-04T14:49:24","modified_gmt":"2024-11-04T13:49:24","slug":"les-trois-portes-une-parenthese-bienveillante-pour-les-femmes-victimes-de-violences","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.soralia.be\/accueil\/les-trois-portes-une-parenthese-bienveillante-pour-les-femmes-victimes-de-violences\/","title":{"rendered":"Les Trois Portes : une parenth\u00e8se bienveillante pour les femmes victimes de violences"},"content":{"rendered":"<p><div class=\"fusion-fullwidth fullwidth-box fusion-builder-row-1 fusion-flex-container has-pattern-background has-mask-background nonhundred-percent-fullwidth non-hundred-percent-height-scrolling\" style=\"--awb-border-radius-top-left:0px;--awb-border-radius-top-right:0px;--awb-border-radius-bottom-right:0px;--awb-border-radius-bottom-left:0px;--awb-flex-wrap:wrap;\" ><div class=\"fusion-builder-row fusion-row fusion-flex-align-items-flex-start fusion-flex-content-wrap\" style=\"max-width:1248px;margin-left: calc(-4% \/ 2 );margin-right: calc(-4% \/ 2 );\"><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-0 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-flex-column\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-width-large:100%;--awb-margin-top-large:0px;--awb-spacing-right-large:1.92%;--awb-margin-bottom-large:20px;--awb-spacing-left-large:1.92%;--awb-width-medium:100%;--awb-order-medium:0;--awb-spacing-right-medium:1.92%;--awb-spacing-left-medium:1.92%;--awb-width-small:100%;--awb-order-small:0;--awb-spacing-right-small:1.92%;--awb-spacing-left-small:1.92%;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-column-has-shadow fusion-flex-justify-content-flex-start fusion-content-layout-column\"><div class=\"fusion-image-element\" style=\"--awb-aspect-ratio:3 \/ 2;--awb-caption-title-font-family:var(--h2_typography-font-family);--awb-caption-title-font-weight:var(--h2_typography-font-weight);--awb-caption-title-font-style:var(--h2_typography-font-style);--awb-caption-title-size:var(--h2_typography-font-size);--awb-caption-title-transform:var(--h2_typography-text-transform);--awb-caption-title-line-height:var(--h2_typography-line-height);--awb-caption-title-letter-spacing:var(--h2_typography-letter-spacing);\"><span class=\" fusion-imageframe imageframe-none imageframe-1 hover-type-none has-aspect-ratio\" style=\"border:1px solid #000000;\"><img decoding=\"async\" width=\"810\" height=\"540\" title=\"Maison d&rsquo;accueil Les 3 portes\" src=\"https:\/\/www.soralia.be\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/3-portes.jpg\" class=\"img-responsive wp-image-20352 img-with-aspect-ratio\" data-parent-fit=\"cover\" data-parent-container=\".fusion-image-element\" alt srcset=\"https:\/\/www.soralia.be\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/3-portes-200x133.jpg 200w, https:\/\/www.soralia.be\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/3-portes-400x267.jpg 400w, https:\/\/www.soralia.be\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/3-portes-600x400.jpg 600w, https:\/\/www.soralia.be\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/3-portes-800x533.jpg 800w, https:\/\/www.soralia.be\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/3-portes.jpg 810w\" sizes=\"(max-width: 640px) 100vw, 810px\" \/><\/span><\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-1\"><h5><strong>St\u00e9phanie Darmont est assistante sociale pour l\u2019association Les Trois Portes \u00e0 Namur. Depuis pr\u00e8s de 15 ans, elle accompagne femmes et enfants victimes de violences au sein de la maison d\u2019accueil. St\u00e9phanie les aide \u00e0 s\u2019\u00e9panouir et s\u2019autonomiser au quotidien. Plus qu\u2019un logement, Les Trois Portes repr\u00e9sente un v\u00e9ritable foyer pour les victimes, qui le rendent bien aux \u00e9quipes de la maison. Rencontre.<\/strong><\/h5>\n<h4><strong>\u00c0 quoi servent les maisons d\u2019accueil ?<\/strong><\/h4>\n<p>L\u2019objectif des maisons d\u2019accueil, c\u2019est de proposer un accompagnement psychosocial et \u00e9ducatif \u00e0 toute personne en difficult\u00e9s sociales. Les publics sont donc tr\u00e8s vari\u00e9s. Les personnes qui rentrent chez nous veulent pour la plupart retrouver un logement p\u00e9renne et \u00e9tablir une certaine stabilit\u00e9 dans leur quotidien.<br \/>\nDans le cadre de violences conjugales, femmes et enfants sont accueilli\u00b7e\u00b7s car il y a souvent une perte de logement suite \u00e0 ces faits de violence. Notre d\u00e9cret pr\u00e9voit 9 mois d\u2019h\u00e9bergement qui peuvent \u00eatre prolong\u00e9s sur base d\u2019une d\u00e9rogation aupr\u00e8s de la r\u00e9gion wallonne (et cette demande doit \u00eatre motiv\u00e9e). Le d\u00e9lai maximum d&rsquo;h\u00e9bergement en maisons d&rsquo;accueil, c&rsquo;est un an et demi.<\/p>\n<h4><strong>Comment les familles sont-elles s\u00e9lectionn\u00e9es ?<\/strong><\/h4>\n<p>La maison d\u2019accueil est souvent compl\u00e8te, on fonctionne par liste d\u2019attente. Pour chaque composition familiale (1, 2, 3 enfants\u2026), il y a une liste d\u2019attente diff\u00e9rente. Pour pouvoir entrer en maison d\u2019accueil en R\u00e9gion wallonne, il faut \u00eatre en d\u00e9tention d\u2019un titre de s\u00e9jour l\u00e9gal en Belgique. Donc on ne peut malheureusement pas accueillir des victimes de violences conjugales et intrafamiliales qui sont dans un parcours ill\u00e9gal en Belgique.<br \/>\nLe 2e crit\u00e8re, c\u2019est que le d\u00e9cret nous impose de calculer des frais d\u2019h\u00e9bergement particuliers en fonction des revenus des personnes. Il y a donc une quote-part qui est pay\u00e9e par les femmes et \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de \u00e7a, on demande une intervention sociale aupr\u00e8s des CPAS. Mais malheureusement, tous les dossiers ne sont pas forc\u00e9ment accept\u00e9s.<br \/>\nPour obtenir une place, les d\u00e9lais sont tr\u00e8s fluctuants. On a parfois beaucoup de demandes simultan\u00e9es puis plus de demandes pendant quelques temps. Entre-temps, g\u00e9n\u00e9ralement et heureusement, les personnes sur liste d\u2019attente ont trouv\u00e9 des solutions dans d\u2019autres structures d\u2019accueil ou d\u2019autres ressources externes. \u00c0 l\u2019inverse, certaines personnes sont toujours en attente et renouvellent leur demande. Dans ce cas-l\u00e0, nous les rappelons.<\/p>\n<h4><strong>Comment assurez-vous la s\u00e9curit\u00e9 des femmes et des enfants ?<\/strong><\/h4>\n<p>Nous ne sommes pas un refuge, il y a des institutions sp\u00e9cialis\u00e9es pour ce type de besoin. Lorsque l\u2019on recherche notre maison sur internet, on trouve facilement l\u2019adresse. Il y a quand m\u00eame tout un dispositif qui est mis en place. Il y a une barri\u00e8re avec des cam\u00e9ras o\u00f9 il faut sonner et o\u00f9 nous observons qui rentre et qui sort. C\u2019est important de rappeler que dans le cadre de violences conjugales, il n\u2019y a pas forc\u00e9ment de s\u00e9paration des conjoints. Mais si le motif d\u2019accueil dans notre maison, c\u2019est une situation de violences conjugales, monsieur ne rentre pas chez nous. Madame peut le voir \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur si elle le souhaite mais pour veiller \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 de tout le monde, c\u2019est important qu\u2019elle garde cette bulle de s\u00e9curit\u00e9 en interne.<\/p>\n<h4><strong>Comment accompagner les femmes et enfants victimes de violences ?<\/strong><\/h4>\n<p>Nous avons la chance d\u2019avoir une \u00e9quipe pluridisciplinaire au sein de la maison. Nous avons des \u00e9ducatrices\u00b7teurs de jour, disponibles 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, des assistantes sociales, une psychologue, une infirmi\u00e8re en sant\u00e9 communautaire, une psychomotricienne, etc. Tout cela permet de participer au processus de s\u00e9curisation de la personne. On est une grande \u00e9quipe mais le r\u00e9seau externe reste indispensable. On va notamment travailler avec des avocat\u2219e\u2219s qui sont sp\u00e9cialis\u00e9\u2219e\u2219s dans les domaines des violences conjugales.<br \/>\nNous sommes une parenth\u00e8se bienveillante dans la vie de ces familles. On ne va jamais aller plus loin que ce que la victime se sent capable d\u2019effectuer. On va respecter son rythme. Notre priorit\u00e9 c\u2019est vraiment de pouvoir assurer une s\u00e9curit\u00e9 physique, psychique. Offrir un cordon sanitaire aux victimes et vraiment veiller \u00e0 ce qu\u2019adultes et enfants, puissent vraiment se r\u00e9approprier une place.<br \/>\nC\u2019est important de leur rappeler que le fait d\u2019\u00eatre victime ne les d\u00e9finit pas. On est l\u00e0 pour elles mais surtout pour qu\u2019elles puissent activer des ressources internes et externes pour reprendre le pouvoir de leur situation, de leur r\u00f4le parental et de leur vie. On ne fait pas les choses \u00e0 leur place.<\/p>\n<h4><strong>Pourquoi est-ce souvent les femmes qui quittent le domicile dans le cadre de violences ?<\/strong><\/h4>\n<p>La Belgique est l\u2019un des rares pays \u00e0 avoir l\u00e9gif\u00e9r\u00e9 sur les violences conjugales. Malheureusement, c\u2019est encore la victime qui paye les pots cass\u00e9s et qui doit quitter le domicile conjugal pour sa propre s\u00e9curit\u00e9 et celle de ses enfants. C\u2019est une double peine.<br \/>\nCes femmes vivent l\u2019impensable et le jour o\u00f9 elles sont en mesure de trouver les ressources pour quitter cet environnement, c\u2019est encore \u00e0 elles de se sacrifier et de sacrifier le bien-\u00eatre de leurs enfants pour plonger dans l\u2019inconnu. Cet inconnu peut vraiment \u00eatre terrifiant, notamment pour des personnes qui ont \u00e9t\u00e9 isol\u00e9es, qui ne disposent pas de ressources financi\u00e8res ou logistique pour fuir. Quand les victimes arrivent en maison d\u2019accueil, c\u2019est un monde totalement inconnu, dans lequel elles n\u2019ont aucun rep\u00e8re et o\u00f9 elles sont parfois tr\u00e8s loin du domicile conjugal.<br \/>\nMalgr\u00e9 leur d\u00e9tresse, l\u2019enfer qu\u2019elles vivaient, elles \u00e9taient aussi dans des environnements o\u00f9 elles se sentaient bien, o\u00f9 elles avaient leurs habitudes. Venir chez nous, c\u2019est se retrouver dans une collectivit\u00e9. C\u2019est parfois s\u2019\u00e9loigner de l\u2019\u00e9cole de leurs enfants. Tous ces rep\u00e8res sont bouscul\u00e9s.<br \/>\nLe responsable de faits de violence n\u2019est pas [toujours] puni pour ses comportements. C\u2019est \u00e0 la victime de faire son baluchon. On a parfois des femmes qui arrivent chez nous sans chaussures, tellement elles se retrouvent dans des situations d\u2019urgence psychique et physique. \u00c7a ne devrait pas \u00eatre aux victimes de quitter le domicile, mais bien \u00e0 l\u2019auteur [1].<br \/>\nIl existe des mesures d\u2019\u00e9loignement du domicile, o\u00f9 l\u2019auteur est cens\u00e9 ne plus approcher la victime. Le probl\u00e8me c\u2019est que c\u2019est tr\u00e8s peu appliqu\u00e9 et qu\u2019il faut une d\u00e9cision de justice pour cela. Les moyens sont pauvres pour assurer ce cordon sanitaire. Nous ne sommes donc pas friand\u2219e\u2219s de courir aupr\u00e8s des services de police pour d\u00e9poser plainte, mettre en oeuvre des proc\u00e9dures qui vont demander beaucoup d\u2019\u00e9nergie, parfois sans r\u00e9sultat. On ne fait ces d\u00e9marches qu\u2019\u00e0 la demande de la victime.<\/p>\n<h4><strong>Quels sont les enjeux en mati\u00e8re de logement pour ces femmes victimes de violences ?<\/strong><\/h4>\n<p>Les femmes \u00e0 la t\u00eate de familles monoparentales sont les plus pr\u00e9caires. On sait \u00e9galement que se reconstruire dans des situations de violence conjugale \u00e7a prend \u00e9norm\u00e9ment de temps, que la recherche de logement demande une \u00e9nergie de dingue.<br \/>\nAujourd\u2019hui, ce qui m\u2019inqui\u00e8te, c\u2019est la difficult\u00e9 croissante de trouver un logement pour les publics les plus pr\u00e9caris\u00e9s. Notamment quand on n\u2019a pas coch\u00e9 les bonnes cases dans la vie. Dans les affaires de violences conjugales, les victimes ont \u00e9t\u00e9 isol\u00e9es et sont souvent d\u00e9pendantes des revenus de leur conjoint.<br \/>\nTrouver un logement quand on est une femme, en \u00e9tant b\u00e9n\u00e9ficiaire du CPAS, sans ressource salariale, sans garantie locative ou \u00e9pargne, en ayant plusieurs enfants \u00e0 charge ou lorsqu\u2019on est d\u2019origine \u00e9trang\u00e8re, c\u2019est tr\u00e8s compliqu\u00e9.<br \/>\nElles ont \u00e9t\u00e9 tellement malmen\u00e9es qu\u2019elles ne se croient pas capables de g\u00e9rer le quotidien. Elles doivent apprendre \u00e0 se recentrer sur elles car les besoins du conjoint ont toujours prim\u00e9 sur leurs propres besoins. Elles n\u2019ont pas l\u2019habitude que l\u2019attention soit centr\u00e9e sur elles et donc, c\u2019est vraiment tout un apprentissage et une r\u00e9appropriation qui va se faire.<br \/>\nQuand on arrive en maison d\u2019accueil, on pleure. Quand on en part, on pleure aussi mais pas pour les m\u00eames raisons. Rentrer chez soi c\u2019est difficile, mais quitter une maison d\u2019accueil dans laquelle on a eu ce cordon sanitaire et bienveillant, c\u2019est tr\u00e8s difficile aussi.<\/p>\n<p>[1] Afin de mettre en lumi\u00e8re la dimension sexiste des rapports de domination et de violence, nous utiliserons le terme \u00ab auteur \u00bb au masculin et non en inclusif<\/p>\n<\/div><\/div><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-fullwidth fullwidth-box fusion-builder-row-2 fusion-flex-container has-pattern-background has-mask-background nonhundred-percent-fullwidth non-hundred-percent-height-scrolling\" style=\"--awb-border-radius-top-left:0px;--awb-border-radius-top-right:0px;--awb-border-radius-bottom-right:0px;--awb-border-radius-bottom-left:0px;--awb-flex-wrap:wrap;\" ><div class=\"fusion-builder-row fusion-row fusion-flex-align-items-flex-start fusion-flex-content-wrap\" style=\"max-width:1248px;margin-left: calc(-4% \/ 2 );margin-right: calc(-4% \/ 2 );\"><div class=\"fusion-layout-column 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