{"id":22821,"date":"2026-01-14T11:58:53","date_gmt":"2026-01-14T10:58:53","guid":{"rendered":"https:\/\/www.soralia.be\/accueil\/?p=22821"},"modified":"2026-03-27T11:23:57","modified_gmt":"2026-03-27T10:23:57","slug":"des-femmes-et-des-soignant%c2%b7e%c2%b7s-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.soralia.be\/accueil\/des-femmes-et-des-soignant%c2%b7e%c2%b7s-2\/","title":{"rendered":"Des femmes et des soignant\u00b7e\u00b7s"},"content":{"rendered":"<p><div class=\"fusion-fullwidth fullwidth-box fusion-builder-row-1 fusion-flex-container has-pattern-background has-mask-background nonhundred-percent-fullwidth non-hundred-percent-height-scrolling\" style=\"--awb-border-radius-top-left:0px;--awb-border-radius-top-right:0px;--awb-border-radius-bottom-right:0px;--awb-border-radius-bottom-left:0px;--awb-flex-wrap:wrap;\" ><div class=\"fusion-builder-row fusion-row fusion-flex-align-items-flex-start fusion-flex-content-wrap\" style=\"max-width:1248px;margin-left: calc(-4% \/ 2 );margin-right: calc(-4% \/ 2 );\"><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-0 fusion_builder_column_1_1 1_1 fusion-flex-column\" style=\"--awb-bg-size:cover;--awb-width-large:100%;--awb-margin-top-large:0px;--awb-spacing-right-large:1.92%;--awb-margin-bottom-large:20px;--awb-spacing-left-large:1.92%;--awb-width-medium:100%;--awb-order-medium:0;--awb-spacing-right-medium:1.92%;--awb-spacing-left-medium:1.92%;--awb-width-small:100%;--awb-order-small:0;--awb-spacing-right-small:1.92%;--awb-spacing-left-small:1.92%;\"><div class=\"fusion-column-wrapper fusion-column-has-shadow fusion-flex-justify-content-flex-start fusion-content-layout-column\"><div class=\"fusion-image-element\" style=\"--awb-aspect-ratio:3 \/ 1;--awb-caption-title-font-family:var(--h2_typography-font-family);--awb-caption-title-font-weight:var(--h2_typography-font-weight);--awb-caption-title-font-style:var(--h2_typography-font-style);--awb-caption-title-size:var(--h2_typography-font-size);--awb-caption-title-transform:var(--h2_typography-text-transform);--awb-caption-title-line-height:var(--h2_typography-line-height);--awb-caption-title-letter-spacing:var(--h2_typography-letter-spacing);\"><span class=\" fusion-imageframe imageframe-none imageframe-1 hover-type-none has-aspect-ratio\" style=\"border:1px solid #000000;\"><img decoding=\"async\" width=\"600\" height=\"450\" alt=\"Fresque en hommage au personnel soignant, H\u00f4pital Saint-Pierre, Bruxelles\" title=\"Fresque H\u00f4pital Saint-Pierre, Bruxelles \u00a9S.Jassogne\" src=\"https:\/\/www.soralia.be\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/fresque-St-Pierre-600x450.jpg\" class=\"img-responsive wp-image-22813 img-with-aspect-ratio\" data-parent-fit=\"cover\" data-parent-container=\".fusion-image-element\" srcset=\"https:\/\/www.soralia.be\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/fresque-St-Pierre-200x150.jpg 200w, https:\/\/www.soralia.be\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/fresque-St-Pierre-400x300.jpg 400w, https:\/\/www.soralia.be\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/fresque-St-Pierre-600x450.jpg 600w, https:\/\/www.soralia.be\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/fresque-St-Pierre-800x600.jpg 800w, https:\/\/www.soralia.be\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/fresque-St-Pierre-1200x900.jpg 1200w\" sizes=\"(max-width: 640px) 100vw, 1200px\" \/><\/span><\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-1\"><h5><strong>Comment se tissent les relations entre les patientes et les soignant\u00b7e\u00b7s ? Cet automne, Femmes Plurielles et Soralia ont recueilli des t\u00e9moignages pour donner voix \u00e0 ces exp\u00e9riences multiples \u2014 parfois douloureuses, parfois r\u00e9confortantes. Cinq femmes ont accept\u00e9 de partager un bout de leur histoire, rappelant que la sant\u00e9, pilier de nos vies et de notre soci\u00e9t\u00e9, est avant tout une affaire de relations humaines.<\/strong><\/h5>\n<\/div><div class=\"fusion-text fusion-text-2\"><h4><strong>Hanna [1]<\/strong><\/h4>\n<p>\u00c0 l\u2019\u00e9poque, je vivais \u00e0 Bruxelles. Quand je cherchais une gyn\u00e9co, j\u2019ai eu du mal \u00e0 en trouver une. Surtout que j\u2019\u00e9tais dans une nouvelle ville sans conna\u00eetre grand-monde. Je suis tomb\u00e9e sur une personne super bien, passionn\u00e9e qui faisait attention \u00e0 tout. \u00c7a faisait un moment qu\u2019on cherchait \u00e0 concevoir [un enfant], mais \u00e7a ne fonctionnait pas. Elle savait expliquer les choses clairement, sans \u00eatre alarmiste. En un rendez-vous, elle m\u2019a expliqu\u00e9 les causes, j\u2019avais un SOPK [2] . Je finis par tomber enceinte. Dans un des derniers contr\u00f4les, \u00e0 8 mois de grossesse, on constate que le b\u00e9b\u00e9 a fait un AVC intra-ut\u00e9ro et que le cervelet n\u2019est plus visible sur les \u00e9chographies.<\/p>\n<p>Elle commence alors \u00e0 s\u2019inqui\u00e9ter. Elle t\u00e9l\u00e9phone en urgence \u00e0 des coll\u00e8gues pour des examens compl\u00e9mentaires. On a fait ces examens avec une autre gyn\u00e9cologue tr\u00e8s pro, mais avec qui je n\u2019avais pas du tout un bon feeling, car elle \u00e9tait tr\u00e8s froide. Les r\u00e9sultats sont tomb\u00e9s. Si on allait au bout de la grossesse, on n\u2019\u00e9tait pas s\u00fbre que l\u2019enfant soit viable et elle aurait d\u2019office un handicap lourd physique ou mental. l&rsquo;h\u00f4pital nous a fait comprendre qu&rsquo;il fallait arr\u00eater la grossesse.<\/p>\n<p>Le moment qui m\u2019a le plus marqu\u00e9, c\u2019est quand on a d\u00e9cid\u00e9 de faire l\u2019intervention pour arr\u00eater le coeur du b\u00e9b\u00e9 et que j\u2019ai d\u00fb accoucher. J\u2019ai d\u00fb faire \u00e7a avec la deuxi\u00e8me gyn\u00e9co, celle qui \u00e9tait pro, mais froide. On a fait appel \u00e0 des proches le papa et moi pour \u00eatre soutenus ce jour-l\u00e0 \u00e0 l\u2019h\u00f4pital. J\u2019ai d\u00fb aller dans une premi\u00e8re salle pour arr\u00eater le coeur du b\u00e9b\u00e9, mais la m\u00e9decin m\u2019a dit que je ne pouvais pas \u00eatre accompagn\u00e9e. Ma m\u00e8re et mon compagnon n\u2019ont pas pu venir avec moi.<\/p>\n<p>\u00c0 ce moment-l\u00e0, la m\u00e9decin qui r\u00e9alisait l\u2019intervention m\u2019a dit que ma gyn\u00e9co habituelle \u00e9tait disponible et qu\u2019elle pouvait l\u2019appeler pour m\u2019\u00e9pauler. Elle a quitt\u00e9 ses consultations et elle est venue. Elle n\u2019avait rien de m\u00e9dical \u00e0 faire, mais elle a mis une main sur mon visage et une sur ma main, pour m\u2019expliquer ce qui allait se passer. Malgr\u00e9 la situation, c\u2019\u00e9tait un moment hyper beau. Je n\u2019avais pas mes proches pr\u00e8s de moi, mais elle a jou\u00e9 ce r\u00f4le. Si elle n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 l\u00e0, je n\u2019aurais pas v\u00e9cu \u00e7a de la m\u00eame fa\u00e7on. Elle a tout plaqu\u00e9 pour venir me voir, elle n\u2019\u00e9tait pas dans son cadre professionnel donc rien ne l\u2019obligeait \u00e0 faire \u00e7a.<\/p>\n<p>Par la suite, j\u2019ai d\u00e9m\u00e9nag\u00e9. Elle m\u2019a aid\u00e9 \u00e0 trouver une gyn\u00e9co dans ma nouvelle r\u00e9gion. Quand ma deuxi\u00e8me fille est n\u00e9e, je lui ai envoy\u00e9 le faire-part.<\/p>\n<hr \/>\n<h4><strong>Anouk <\/strong><\/h4>\n<p>Je suis atteinte d\u2019un prolapsus anal [3] , pathologie peu courante chez les jeunes, mais tr\u00e8s invalidante. C\u2019est la cons\u00e9quence directe d\u2019une pathologie digestive clairement identifi\u00e9e depuis de nombreuses ann\u00e9es. Apr\u00e8s avoir atteint le bout de ce que je pouvais imaginer en termes de qualit\u00e9 de vie et de dignit\u00e9, je multiplie les rendez-vous avec une gastro-ent\u00e9rologue et je m\u2019ex\u00e9cute \u00e0 de (trop) nombreux examens qui prouvent tous le probl\u00e8me d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 la premi\u00e8re s\u00e9ance. Je suis redirig\u00e9e vers une chirurgienne qui annulera ma prise de rendez-vous. Motif ? J\u2019ai 34 ans. \u00ab On n\u2019op\u00e8re pas sur cette pathologie \u00e0 cet \u00e2ge-l\u00e0 voyons ! On ne fait \u00e7a qu\u2019aux femmes d\u2019au moins 70 ans ! \u00bb Je me suis demand\u00e9 quel \u00e9tait le bon \u00e2ge pour \u00eatre malade et retrouver une qualit\u00e9 de vie, maintenir une vie professionnelle, sociale et affective correcte\u2026<\/p>\n<p>Je prends un autre rendez-vous, chez une sp\u00e9cialiste de cette op\u00e9ration. Elle n\u2019avait pas acc\u00e8s aux nombreuses images et examens r\u00e9alis\u00e9s en R\u00e9gion wallonne (nous \u00e9tions ici \u00e0 Bruxelles), mais il a suffi de 10 minutes d\u2019\u00e9coute active et d\u2019un examen physique de moins d\u2019une minute pour que cette chirurgienne fasse de la place dans son planning pour m\u2019op\u00e9rer le plus vite possible. Elle \u00e9tait formelle, je n\u2019aurais rien su faire avec uniquement de la kin\u00e9.<\/p>\n<p>Je me suis retrouv\u00e9e \u00e0 \u00eatre soulag\u00e9e qu\u2019on accepte de m\u2019op\u00e9rer pour me sortir d\u2019une situation qui me d\u00e9truisait, psychologiquement et physiquement. L\u2019op\u00e9ration s\u2019est tr\u00e8s bien pass\u00e9e et je revis. Ma chirurgienne a d\u2019ailleurs contact\u00e9 celle qui m\u2019a refus\u00e9 l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la chirurgie pour la sensibiliser.<\/p>\n<p>Mon corps avait \u00e9t\u00e9 tellement m\u00e9dicalis\u00e9 ces derniers mois et ann\u00e9es que mon rapport au corps \u00e9tait tr\u00e8s compliqu\u00e9. Quand il a fallu commencer la kin\u00e9 postop\u00e9ratoire, je n\u2019\u00e9tais pas franchement motiv\u00e9e. Me retrouver avec une kin\u00e9 qui s\u2019occupe de r\u00e9\u00e9ducation p\u00e9rin\u00e9ale\u2026 BOF. Je me voyais d\u00e9j\u00e0 entour\u00e9e de femmes enceintes ou ayant accouch\u00e9, alors que moi, je soignais mon derri\u00e8re.<\/p>\n<p>J\u2019ai pris le temps de trouver une kin\u00e9 qui parlait de cette partie de son m\u00e9tier sans tabous et avec une grande bienveillance. D\u00e8s la premi\u00e8re s\u00e9ance, j\u2019ai senti une \u00e9coute, une empathie, un respect de ma parole et une int\u00e9grit\u00e9 professionnelle comme rarement vu avant. Elle a fait le moins de touchers internes possibles, a une approche tr\u00e8s rassurante, encourageante, c\u2019est vraiment de l\u2019empouvoirement !<\/p>\n<p>Quand je sors de la s\u00e9ance, je me sens fi\u00e8re de ce que mon corps fait. Je sais aussi que les s\u00e9ances ne se ressembleront pas : parfois, je vide mon sac, parfois on tente des trucs, parfois elle prend des nouvelles de quelque chose que j\u2019ai partag\u00e9 il y a deux, trois semaines. Je me sens de lui confier absolument tout, les exercices faits (ou pas), ce que je remarque dans mon corps, ce \u00e0 quoi j\u2019aspire, et cette kin\u00e9 a remis de l\u2019humain dans ce parcours de sant\u00e9 que j\u2019ai trouv\u00e9 tr\u00e8s brutal et chirurgical. Elle me r\u00e9pare aujourd\u2019hui le corps et le coeur, mais aussi mon rapport \u00e0 mon corps, que je retrouve autrement que comme un objet m\u00e9dical. Je lui en serai \u00e9ternellement reconnaissante.<\/p>\n<hr \/>\n<h4><strong>Elisabeth <\/strong><\/h4>\n<p>J\u2019ai voulu avoir un enfant vers mes 30 ans et me suis inscrite dans un parcours PMA.<\/p>\n<p>Pendant une grossesse, je me rends compte que je suis atteinte du CMV (cytom\u00e9galovirus) [4] qui touche moins de 3 % des femmes enceintes. Ce virus est assez dangereux en d\u00e9but de grossesse et c\u2019est ce qui m\u2019est arriv\u00e9.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re gyn\u00e9cologue que j\u2019ai rencontr\u00e9e m\u2019a dit que je ne l\u2019avais pas. Sauf que la 2e que je vois se rend compte que je suis porteuse du virus. La premi\u00e8re avait mal lu mon dossier. Elle a commis une erreur m\u00e9dicale et c\u2019\u00e9tait trop tard pour prendre des m\u00e9dicaments. La seconde m\u2019a dit de fa\u00e7on compl\u00e8tement d\u00e9sinvolte qu\u2019on verrait si je d\u00e9cidais d\u2019avorter ou non. C\u2019\u00e9tait assez choquant.<\/p>\n<p>On m\u2019a vite orient\u00e9 vers une IMG [5] que j\u2019ai faite \u00e0 6 mois. L\u2019intervention se d\u00e9roulait \u00e0 la maternit\u00e9. C\u2019\u00e9tait horrible, j\u2019entendais les femmes accoucher, les cris de leurs b\u00e9b\u00e9s qui venaient de na\u00eetre.<\/p>\n<p>On a fait une piq\u00fbre et mon b\u00e9b\u00e9 s\u2019est endormi pour toujours. On m\u2019a donn\u00e9 un m\u00e9dicament pour accoucher, mais \u00e7a prend du temps. Pour moi, \u00e7a a pris 3 jours o\u00f9 je suis rest\u00e9e dans le lit avec des m\u00e9thodes assez trash pour tenter de faire sortir le b\u00e9b\u00e9. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 beaucoup touch\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Les m\u00e9decins ont souvent mis leurs mains dans le vagin en disant qu\u2019ils n\u2019avaient pas le choix. Ils ont insist\u00e9 pour qu\u2019une stagiaire le fasse \u00e9galement. Il faut aussi \u00e9couter la patiente quand elle pose ses limites.<\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me jour, j\u2019ai senti que le b\u00e9b\u00e9 venait enfin vers 6h30 du matin. J\u2019ai pr\u00e9venu la sage-femme en service. Elle avait l\u2019air assez impatiente, elle transmettait une dr\u00f4le d\u2019ambiance. Quand je lui ai dit que le b\u00e9b\u00e9 venait, elle m\u2019a dit \u00ab pas maintenant \u00bb, parce qu\u2019elle venait de finir son shift. J\u2019\u00e9tais tr\u00e8s choqu\u00e9e, mais je n\u2019ai pas \u00e9videmment su attendre. J\u2019ai accouch\u00e9 avec ma meilleure amie \u00e0 mes c\u00f4t\u00e9s, j\u2019\u00e9tais vraiment dans un \u00e9tat second. Je me souviens que quand la sage-femme est partie, ils ont emmen\u00e9 le b\u00e9b\u00e9 pour le nettoyer puis me l\u2019apporter et que je puisse lui dire au revoir. La sage-femme a ferm\u00e9 la porte et est partie tr\u00e8s brusquement en me disant \u00ab bonne journ\u00e9e \u00bb.<\/p>\n<p>Je peux comprendre que le personnel soignant soit confront\u00e9 \u00e0 un m\u00e9tier difficile, que le secteur soit en difficult\u00e9. Mais dans ce type de profession, l\u2019humain est essentiel. Traiter des patients avec autant de d\u00e9sinvolture et de m\u00e9chancet\u00e9, ce n\u2019est pas possible. Si tu ne sais pas exercer avec un minimum de bienveillance, tu n\u2019exerces pas cette fonction.<\/p>\n<p>J\u2019\u00e9tais dans un \u00e9tat second pendant plusieurs semaines, mais l\u2019h\u00f4pital m\u2019a rappel\u00e9e par la suite. J\u2019ai pu en parler avec la sage-femme en cheffe qui \u00e9tait une personne vraiment bienveillante. Celle-ci a reconnu la situation. Je ne sais pas ce qu\u2019il s\u2019est pass\u00e9 en interne et si cette sage-femme a eu un retour ou des r\u00e9percussions.<\/p>\n<p>Durant ce rendez-vous, j\u2019ai quand m\u00eame os\u00e9 dire les choses et je pense que c\u2019est la premi\u00e8re fois que j\u2019osais prendre la parole \u00e0 ce sujet. On veut tr\u00e8s fort \u00eatre maman, on subit les commentaires, les agacements sans broncher, car on ne veut pas \u00eatre \u00e9cart\u00e9e du parcours [6] . Du coup, je ne me plaignais pas de ces violences et de ces fautes professionnelles. J\u2019aurais aim\u00e9 avoir des excuses de cette femme que j\u2019ai recrois\u00e9e et qui m\u2019a ni\u00e9. Elles ont de l\u2019influence sur nos vies, ces femmes.<\/p>\n<hr \/>\n<h4><strong> Francesca <\/strong><\/h4>\n<p>Lorsque je me suis install\u00e9e d\u00e9finitivement \u00e0 Li\u00e8ge apr\u00e8s mes \u00e9tudes, j\u2019ai cherch\u00e9 un gyn\u00e9cologue.<\/p>\n<p>Dans mes crit\u00e8res de s\u00e9lection, je voulais quelqu\u2019un de \u00ab jeune \u00bb dans l\u2019id\u00e9e qu\u2019il me suive toute ma vie, mais aussi, car j\u2019avais l\u2019impression que les jeunes m\u00e9decins \u00e9taient plus ouverts d\u2019esprit.<\/p>\n<p>Je prends donc rendez-vous pour une visite annuelle de contr\u00f4le. Il me pose des questions, certaines sont assez intrusives mais je r\u00e9ponds, jusqu\u2019au moment o\u00f9 il parle de contraception. Je lui r\u00e9ponds que je n\u2019en ai pas actuellement, qu\u2019on ne fait pas attention avec mon compagnon, qu\u2019on n\u2019est pas contre l\u2019id\u00e9e d\u2019\u00eatre parents, mais on ne force rien. Aucun acharnement. Si je tombe enceinte, on sera content, mais si je ne le suis pas \u00e7a ne sera pas un probl\u00e8me.<\/p>\n<p>Il continue quand m\u00eame \u00e0 me questionner.<\/p>\n<p>\u2014 Depuis quand ne prenez-vous plus la pilule ?<\/p>\n<p>\u2014 Un an et demi.<\/p>\n<p>\u2014 Avez-vous d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 enceinte ?<\/p>\n<p>\u2014 Oui.<\/p>\n<p>\u2014 Alors c\u2019est que votre compagnon a un souci de fertilit\u00e9, je vais lui prescrire des examens et un spermogramme.<\/p>\n<p>Je ne sais pas quoi r\u00e9pondre. Je suis sid\u00e9r\u00e9e et je rentre chez moi avec des prescriptions d\u2019examens pour mon compagnon qui n\u2019\u00e9tait m\u00eame pas l\u00e0 alors que j\u2019y allais seulement pour une visite de contr\u00f4le.<\/p>\n<hr \/>\n<h4><strong>Edith <\/strong><\/h4>\n<p>Je suis atteinte d\u2019un lichen scl\u00e9reux vulvaire. C\u2019est une maladie des parties intimes, o\u00f9 l\u2019on a des plaques inflammatoires avec une potentielle atrophie de la vulve. Ce n\u2019est pas tr\u00e8s connu, mais \u00e7a touche environ 1 femme sur 50 et c\u2019est surtout pr\u00e9sent chez les femmes m\u00e9nopaus\u00e9es. J\u2019ai 35 ans, je fais donc partie de la petite statistique hors de la statistique (rires).<\/p>\n<p>Il y a des femmes qui passent 20 ans en errance de diagnostic. J\u2019ai d\u00fb beaucoup insister aupr\u00e8s de ma gyn\u00e9cologue pour prouver que ce n\u2019\u00e9tait pas une mycose et \u00eatre orient\u00e9e vers une sp\u00e9cialiste.<\/p>\n<p>Dans mon malheur, j\u2019ai eu la chance d\u2019\u00eatre bien entour\u00e9e, d\u2019avoir un traitement rapide et efficace. Je suis suivie par l\u2019une des grandes sp\u00e9cialistes en Belgique qui m\u2019a diagnostiqu\u00e9e. Elle passe ses journ\u00e9es \u00e0 soigner un ensemble de p\u00e9pites m\u00e9dicales dont on n\u2019entend pas du tout parler. Je l\u2019appr\u00e9cie vraiment, on a en plus le m\u00eame humour.<\/p>\n<p>Cette fois-l\u00e0, j\u2019arrive dans le cabinet pour une visite de contr\u00f4le. Je vois que ma m\u00e9decin a l\u2019air abattue. Ce jour-l\u00e0, elle n\u2019a eu que des cas en urgence et compliqu\u00e9s.<\/p>\n<p>De mon c\u00f4t\u00e9, je lui dis que je prends mon traitement et que tout se passe vraiment bien.<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019elle m\u2019ausculte, je vois ma gyn\u00e9co s\u2019enthousiasmer, car ma vulve r\u00e9pond en effet super bien au traitement. \u00c7a faisait vraiment plaisir de la voir comme \u00e7a. J\u2019\u00e9tais bien, elle \u00e9tait bien, et on en a beaucoup ri. Elle m\u2019a dit en plaisantant qu\u2019elle allait exposer ma vulve pour en faire la vulve du mois. Cette id\u00e9e d\u2019avoir ma vulve expos\u00e9e et encadr\u00e9e dans son bureau ou dans les couloirs du cabinet nous a fait bien rire.<\/p>\n<hr \/>\n<p>[1] Tous les pr\u00e9noms ont \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9s pour assurer l\u2019anonymat des t\u00e9moignages.<\/p>\n<p>[2] Le syndrome des ovaires polykystiques se d\u00e9finit par un d\u00e9r\u00e8glement hormonal qui entraine une production plus \u00e9lev\u00e9e que la moyenne d\u2019hormones m\u00e2les, notamment de la testost\u00e9rone. Ce d\u00e9r\u00e8glement emp\u00eache les follicules de maturer lors de la phase folliculaire du cycle menstruel et est une cause importante d\u2019infertilit\u00e9, qui toucherait pr\u00e8s de la moiti\u00e9 des personnes atteintes du SOPK. D\u2019autres sympt\u00f4mes qui y sont associ\u00e9s sont de l\u2019hyperpilosit\u00e9, de l\u2019acn\u00e9, une chute de cheveux, etc. Les personnes vivant avec le SOPK peuvent \u00e9galement \u00eatre pr\u00e9dispos\u00e9es \u00e0 d\u00e9velopper du diab\u00e8te ainsi que des risques cardiovasculaires.<\/p>\n<p>[3] Le prolapsus anal, c\u2019est quand une partie du rectum (la derni\u00e8re portion de l\u2019intestin) glisse vers l\u2019ext\u00e9rieur de l\u2019anus. Cela arrive parce que les muscles et les tissus qui le maintiennent en place se sont rel\u00e2ch\u00e9s. Cette situation peut rendre difficile le contr\u00f4le des selles et provoquer une g\u00eane ou des fuites.<\/p>\n<p>[4] L\u2019infection \u00e0 cytom\u00e9galovirus (CMV) est due \u00e0 un virus de la famille des Herp\u00e8svirus. Chez la femme enceinte, cette infection est grave car elle peut affecter le d\u00e9veloppement du foetus et entra\u00eener des s\u00e9quelles durables et handicapantes.<\/p>\n<p>[5] Au-del\u00e0 du d\u00e9lai des 14 semaines d\u2019am\u00e9norrh\u00e9e, l\u2019avortement ne pourra \u00eatre pratiqu\u00e9 que lorsque la poursuite de la grossesse met en p\u00e9ril grave la sant\u00e9 de la femme ou lorsqu\u2019il est certain que l\u2019enfant \u00e0 na\u00eetre sera atteint d\u2019une affection d\u2019une particuli\u00e8re gravit\u00e9 et reconnue comme incurable au moment du diagnostic. On parle alors d\u2019interruption m\u00e9dicale de grossesse (IMG).<\/p>\n<p>[6] Un parcours PMA, c\u2019est-\u00e0-dire un parcours pour une Procr\u00e9ation M\u00e9dicalement Assist\u00e9e.<\/p>\n<\/div><\/div><\/div><\/div><\/div><div class=\"fusion-fullwidth fullwidth-box fusion-builder-row-2 fusion-flex-container has-pattern-background has-mask-background nonhundred-percent-fullwidth non-hundred-percent-height-scrolling\" style=\"--awb-border-radius-top-left:0px;--awb-border-radius-top-right:0px;--awb-border-radius-bottom-right:0px;--awb-border-radius-bottom-left:0px;--awb-flex-wrap:wrap;\" ><div class=\"fusion-builder-row fusion-row fusion-flex-align-items-flex-start fusion-flex-content-wrap\" style=\"max-width:1248px;margin-left: calc(-4% \/ 2 );margin-right: calc(-4% \/ 2 );\"><div class=\"fusion-layout-column fusion_builder_column fusion-builder-column-1 fusion_builder_column_1_3 1_3 fusion-flex-column\" 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