
À la rédac’ de Femmes Plurielles, nous pensons que les petites causes produisent de grands effets. Nous sommes allées à votre rencontre pour découvrir vos actes de microféminisme au quotidien. Ces petits moments de rébellion pour lutter contre le sexisme, que ce soit entre amis, aux dîners de famille, avec vos collègues ou dans l’espace public…
• En tant que psychologue pour ados, quand je dois contacter les parents, j’appelle toujours le père en premier. Je dis toujours « la docteure » parce que mes collègues sont des femmes et je ne veux pas les effacer derrière une habitude de langage. Quand je parle aux patients de leur médecin, je féminise toujours par défaut, et puis je demande si c’est une femme (très souvent, ça l’est). Donc par exemple je dis « et votre rhumatologue, elle en pense quoi ? » Je resitue les problèmes de mes patient·e·s dans notre monde patriarcal : « Oui, Madame a tendance à s’effacer et toujours vouloir faire plaisir aux autres, mais ce n’est pas juste parce qu’elle a un problème pour s’affirmer, c’est surtout parce que notre société l’invite à ça et la réprimande si elle ne le fait pas ».
• Quand on parle organisation d’un souper avec des potes je demande toujours aux mecs d’apporter des trucs et de gérer la charge mentale. Je fais pareil avec mon frère quand il s’agit de s’occuper de ses enfants je passe toujours par lui et pas par ma belle-soeur. S’il me dit qu’il va voir avec ma belle-soeur, je lui dis « j’espère que tu payes pour son travail de gestion ».
• Quand il y’a un groupe de mecs qui prend toute la place sur un trottoir sur lequel je marche, je continue à marcher tout droit la tête haute jusqu’à ce qu’ils se bougent ou je donne des coups d’épaule. Pareil dans les transports en commun j’écarte mes jambes si le type à côté de moi prend trop de place.
• Je parle de mes douleurs de règles au travail alors que je travaille aussi avec des hommes de 40 ans et plus qui me regardent mal quand j’aborde le sujet.
• J’utilise l’écriture et la parole inclusive.
• J’ai croisé une connaissance qui faisait des emplettes pour l’arrivée d’un bébé et je lui ai fait savoir que c’était plus important de penser à la maman, de lui offrir un truc pour elle, pas un truc utile pour elle et bébé.
• J’éduque ma fille de façon la plus neutre possible, en montrant l’exemple. Moi-même électricienne, je suis assez manuelle. Je pense qu’il faut éveiller les consciences des gens qui nous entourent… Mener un travail du quotidien.
• J’utilise l’expression « Je m’en bats les ovaires »
• J’ai beaucoup échangé avec mon conjoint à propos de la répartition des tâches, mais aussi des inégalités que vivent les femmes au quotidien. Je suis fière de voir qu’il a intégré ces différents principes féministes dans ses pratiques et qu’il sensibilise les autres mecs autour de lui, voire les recadre quand ils disent quelque chose de déplacé. Il ne le fait pas pour recevoir une médaille du « parfait mec déconstruit », mais parce qu’il comprend l’importance de ce que je vis au quotidien. J’aime cet engagement basé sur l’empathie et la bienveillance. Parfois, en tant que féministe, on a l’impression de se battre contre des moulins à vent, d’être minoritaire et isolée. Voir que notre environnement proche, nos ami·e·s, notre famille prennent conscience des inégalités, même si ce n’est pas parfait, c’est l’une de mes plus belles victoires du quotidien… Et ce, même si les femmes restent majoritairement responsables de cette charge pédagogique.




