La manière dont l’État belge gère la fiscalité est capitale pour les citoyen·ne·s car c’est via CE mécanisme que nous finançons ensemble notre accès à l’éducation, aux soins de santé, aux transports en commun, à la justice, aux administrations, au logement, etc. Sans ce système de solidarité collective, chacun·e devrait se débrouiller avec ses propres moyens pour payer ces services essentiels. Aujourd’hui, beaucoup d’associations, d’ONG, d’expert·e·s, etc. dénoncent les règles inéquitables du système et réclament au gouvernement une réforme fiscale. Celle-ci permettrait non seulement d’offrir d’autres solutions aux coupes budgétaires et sociales, mais aussi, de gérer nos défis sociaux et environnementaux actuels et futurs.

Le rôle de la fiscalité est d’assurer et défendre le bien être de tou·te·s

En Belgique, chaque résident·e (citoyen·ne·s, entreprises, etc.) contribue au financement de l’État en payant des impôts. Grâce à ces contributions, l’État veille au bien-être et au bon fonctionnement de la société en mettant en place des services publics et des mécanismes de protection (Sécurité sociale) assurant à chacun·e de bénéficier d’une certaine qualité de vie. Le premier principe de l’impôt est que chaque contribuable y participe selon ses moyens pour que l’ensemble de la population, sans distinction, puisse profiter des services communs. Le deuxième principe est que l’État redistribue cet argent de façon à réduire les inégalités au sein de la population. Un gouvernement soucieux d’organiser sa fiscalité de la manière la plus juste, équitable et efficace qui soit, est un gouvernement qui veille sans relâche à poursuivre ces deux objectifs.

Un système d’imposition inéquitable et injuste depuis 30 ans !

Ces dernières années, plusieurs chercheuses·eurs d’universités belges ont étudié notre système d’imposition et questionné ces deux principes. Leurs résultats confirment la « dérégulation » du système depuis, au moins, 1995. La fiscalité belge est loin d’être équitable, car tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. Les revenus issus des bénéfices des entreprises et des placements financiers (actions, dividendes) sont par exemple beaucoup moins taxés que les revenus du travail. Ce qui a pour conséquence qu’une petite partie de la population engrange des revenus faramineux sans pour autant contribuer autant que la majorité des citoyen ·ne·s lambda ; qui consacre actuellement une plus grande part de leur revenu aux recettes de l’État. De plus, notre fiscalité ne permet pas non plus de réduire les inégalités. C’est même tout le contraire, elle les renforce !

Est-ce que notre système d’imposition pourrait être plus efficace ? OUI !

C’est pour cette raison que des associations militent auprès du monde politique et veillent à mieux sensibiliser, informer et armer leurs publics à la fiscalité. En Belgique, le Réseau pour la Justice Fiscale (RJF), qui rassemble de nombreuses·eux mouvements, syndicats, expert·e·s et associations (dont Soralia fait partie), a réalisé récemment un outil pédagogique à destination des professionnel·le·s du secteur associatif et du grand public. Cet outil rassemble plusieurs cartes postales reprenant les revendications phares du RJF pour un système fiscal plus juste et équitable, ainsi qu’un lexique et une liste de questions/réponses pour aider et approfondir la compréhension, le tout, dans un langage le plus accessible possible. En tant que mouvement féministe défendant les droits des femmes – qui sont les plus amenées à faire appel aux services publics et à la protection sociale – Soralia vise avec cet outil, à accompagner au mieux ses animatrices ·teurs sur le terrain. Et de manière générale, à faire en sorte que tou·te·s citoyen·ne·s soient en mesure de saisir les enjeux et les opportunités d’un système fiscal juste et équitable et puissent mieux prendre part à ce projet de société.

Autrice
AutriceWivynne Gaziaux